Texte
de Rosaire Harvey envoyé à
Laval Desbiens le 17 février 2015
Salut Laval;
Tu
es un homme patient tandis que moi, j’ai depuis longtemps attrapé le virus du
« và slow », maladie peu commune connue seulement de certains retraités. Ta
demande de pondre quelques mots sur mon ami de maintenant 44 ans
Fernand Lachaîne, mérite que j’y donne suite.
J’ai connu Fernand vers les années 1965 au bureau de district
de Montréal comme inspecteur de la radio sous
Bernard Monday Gestionnaire du district,
Vic Valiquet et
Rodier Jean respectivement surveillants des
secteurs autorisation et application de la réglementation. Antérieur à cette
période, Fernand, comme plusieurs d’entres nous, fit ses études à Radio
College of Canada pour se voir décerner son Certificat d’études d’opérateur
radio 2ème classe. Il oeuvra par la suite au « radio range » de
Montréal, pendant 1 an. L’état de santé de son épouse n’étant pas très bonne,
la décision de la gestion de le muter à GooseBay fût renversée et il se
retrouva finalement à l’aéroport de Québec pour quelques 2 ans. Retour
ensuite à Montréal au radio range jusqu’à 1965 pour finalement gagner un poste
d’inspecteur radio au bureau de district de Montréal.
D’ailleurs, c’est au cours de cette période qu’un jour, Fern et
moi décidèrent d’aller rendre visite à un autre collègue de travail dénommé
Dick Nassar qui venait d’acquérir une
résidence à Ste-Dorothée. Incapables de se retrouver dans cette petite ville,
nous sommes tombés sur une affiche vantant un nouveau quartier résidentiel.
L’idée nous pris d’aller s’informer s’ils avaient des maisons à vendre. (Faut
dire qu’à ce moment, nous étions tous deux locataires). Effectivement, le
« cottage » modèle était à vendre. Aussitôt dit, aussitôt fait. Quelques
minutes plus tard, la promesse d’achat était signée avec un important dépôt de
50.00$ chacun. Fernand d’un côté et moi de l’autre. Restait à annoncer
l’heureuse nouvelle à nos épouses respectives. Juste avant de quitter notre
vendeur, celui-ci nous informe qu’un autre fonctionnaire fédéral habitait dans
le coin. Il nous indique alors une résidence tout juste à quelques 100 pieds
de notre maison. Le nom de l’occupant, je vous le donne en mille,
Thomas Foucault, Surintendant régional.
Impossible d’annuler la vente, nous dûmes assumer le fait que nos moindres
gestes seraient dorénavant sous stricte surveillance.
Lors de notre séjour à Ste-Dorothée et pendant l’année de
l’Expo, je dû quitter un emploi à temps partiel comme Ingénieur du son à la
défunte Comédie Canadienne et Fernand fut appelé à me remplacer. Cette salle
qui était très populaire à cette période présentait des artistes chanteurs et
divers spectacles. D’ailleurs, une de ces pièces de théâtre OBLIGEAIT notre
ami Fernand à placer un minuscule émetteur sans fil entre les seins de la
comédienne Andrée Lachapelle. La répétition de ce stimulant à chaque soir
lui valut de conserver cette job pendant encore un bon moment.
Revenons à la carrière de Fernand. Passé son séjour au bureau
de District, Fernand se vit offrir l’opportunité d’aller œuvrer au bureau
régional de Moncton pour développer un nouveau système de sélection de
fréquences dans cette région. Ses expertises du domaine de la Sélection de
fréquences, science relativement nouvelle au Québec mais peu connue dans
l’Atlantique, l’amena à mettre sur pieds et fournir la formation nécessaire à
chacun des bureaux de districts de cette région. Quelques années plus tard,
cette région décida d’établir le premier bureau de district bilingue de la
région. Ce bureau étant situé à Bathurst. Notre ami fut l’heureux élu au
titre de gestionnaire du district. Toutefois, pour Fernand, le Québec lui
manquait.
Le destin se chargea de lui fournir l’occasion de revenir
enfin dans sa région. En effet, le gestionnaire de notre bureau de Port-Alfred
(Pat Lanteigne), alors en fin de
carrière, formulait le désir de terminer celle-ci dans son Acadie d’origine.
Malheureusement, avant même que l’échange se concrétise, Pat devait décéder
après une très courte maladie. Grâce à la générosité et aux efforts déployés
tant par Tom Foucault et Réal
Valiquette, (Surintendant de l’Atlantique), Fernand se retrouva quand
même à Port-Alfred dans les mois qui suivirent. À son arrivée dans son nouveau
bureau, l’élite politique du temps, décida de déménager le bureau à
Chicoutimi. S’ensuivit alors de nombreux problèmes, occasionnés par
l’échiquier politique dans son ensemble, qui conduisirent
Tom Foucault et les gestionnaires de la
région à trancher finalement en faveur de Chicoutimi. S’ensuivit par la
suite la recherche d’un local suivi du déménagement dans cette nouvelle ville.
Tous ces imbroglios politiques, sans compter les efforts déployés par
l’établissement de ce nouveau bureau, eurent finalement raison des énergies de
notre ami et celui-ci formula le désir de retourner finir sa carrière au
bureau régional. Grand amateur de golf, il décida de prendre sa retraite en
1989. Depuis lors, son score s’est grandement amélioré.