Extraits de correspondance adaptés
pour le web par
Laval Desbiens
- Novembre 2005
Avec
le groupe 6, ma première mission durant la Deuxième Guerre l'a été dans un
Lancaster qui était de fabrication britannique et était équipé avec un Marconi T
1154 et un R 1155.
( Photo du Lancaster à gauche courtoisie de Jerry Proc VE3FAB
)
Nous opérions à partir de Skipton-on-Swale, aéroport satellite de Leeming.
Lorsque j'ai été muté à Leeming, nous avions des Lancaster de fabrication
canadienne dont les appareils radio étaient beaucoup plus modernes et
sophistiqués, fabriqués par Northern Electric et de marque Collins.
Voici un court résumé de mon parcours à partir de 1946 après mon retour
d'outre-mer où j'ai servi en tant qu'aviateur .
Cours de technicien en radio à Radio College of Canada. À Toronto, j'obtiens
un emploi chez Philco pendant le jour et obtiens congé de mon nouvel employeur
pour écrire mes derniers examens à R.C.C.
Je quitte Philco pour un emploi chez RCA À Montréal dans St Henri. Un
confrère technicien me montre une petite annonce dans La Presse demandant un
technicien pour prendre charge d’un atelier de réparation de radios, systèmes de
son pour cinémas, églises arénas etc. ainsi que pour l'entretien et réparation
de projecteurs RCA et DeVry. Je postule pour le poste et me voilà à Mont-Joli où
je rencontre Françoise.
J’ai quitté ce poste pour entrer à l'emploi du DOT et on m'envoie au Central
Technical School, Toronto pour y suivre un cours d'opérateur radio. Je suis
invité à enseigner des cours de théorie et à expliquer le fonctionnement du RCA
AR 88 et du Marconi CSR 5. D'abord comme enseignant substitut pendant la maladie
d'un professeur qui ne comprenait rien des récepteurs modernes.
Après un cours sur les méthodes d'observation de l’ionosphère, c'est Baker Lake via Churchill de 52 à l'automne 54.
Ensuite Ottawa à la station ionosphérique et de là au poste d'écoute sur la
Ferme expérimentale et mes rencontres avec W. Smith. J'ai travaillé avec lui des
parties de nuits à la construction d'un récepteur spécial dans l'espoir de
recevoir d'autres modes de communications provenant d'au-delà de notre système solaire!
Par après, Beaumont et le montage des tours etc avec
Bambrick, Jean-Paul
Gagnon et Maxime Gallant.
Au bureau de district de Montréal surtout pour le brouillage avec
Réal
Valiquette, Horace Boucher,
Honoré Gagné. Un cas bien spécial sur lequel j'ai
passé quelques heures: Bell se plaint d'un bourdonnement sur son
réseau micro-ondes au Mont Royal. Nos inspecteurs ne trouvent pas le problème. On a recours à Valiquette et moi-même. Nous arrivons
à la quasi
certitude que le bourdon est causé par un des émetteurs télé dont les antennes
sont à proximité. Il s'agirait de la pulsation qui synchronise le balayage
vertical. Pour confirmer nous passons la soirée et une partie de la nuit
attendant que les postes de télévision cessent leurs émissions. Je reste à coté
de la tour à l'écoute du bourdon. Le bourdon disparaît avec la fermeture de télé
10. Rencontre avec les ingénieurs de Bell et autres experts sur la montagne. Le
bourdon est très perceptible à travers mon récepteur à proximité de la tour
portant les antennes micro-ondes. Je tremble un peu; si cela ne fonctionnait
pas? L'émetteur du canal 10 est enlevé des ondes. Miracle, le bourdon est
disparu. Le personnel de Bell est quelque peu gêné et formulent des excuses.
Chaque boulon de la tour devra être enlevé, les orifices nettoyés afin que
toutes les pièces métalliques soient bien reliées. Nous sommes invités à un
lunch somptueux à l'hôtel Mont Royal.
Autre anecdote. Gilles Migneault et moi-même quittons dans une voiture
fantôme dans le plus grand secret pour enquêter au sujet de la divulgation d'une
conversation téléphonique confidentielle venant d'un ministre ou d'un député et
transmise par voie téléphonique en Gaspésie. Avant d'entrer dans la ville de Cap Chat, nous mesurons le rayonnement émis
par les lignes téléphonique des ondes porteuses. Tout semble normal mais notre
visite secrète n'est déjà plus secrète, car des jeunes à bicyclette nous ont
observés et notre arrivée ne surprenait personne. Nous allons visiter la
personne qui a intercepté la communication et l'a malheureusement transmise de
vive voix à d'autres.... J'ai pogné ça avec mon radio nous dit-il
après qu’il ait été réparé par..... Les gens des alentours ont tous voulus
faire réparer leurs radios pour écouter les téléphones ! Je coupe court. La
syntonisation des transformateurs de fréquence intermédiaire avait été ajustée à
la fréquence de l'onde porteuse et un câble d'entrée téléphonique débranché mais
ouvert, donc sans charge, pendait le long du mur extérieur de la maison et
servait d'antenne émettrice. Je crois que le réparateur ne savait pas se servir
d'un générateur de fréquences et ne savait pas que cela existait.
Nous avons profité de notre passage par Mont-Joli pour visiter un de mes
amis, propriétaire d'un club de pêche pour savoir s'il ne pourrait pas nous
accommoder. Malheureusement, il n'y avait aucune vacance mais un appel
convaincant au garde-pêche a fait que nous avons pu loger chez ce dernier
pendant le week-end. Sa femme était une excellente cuisinière, comme Gilles a pu
le constater. En soirée du vendredi les truites sautent mais nos prises ne sont
pas fameuses .
En soirée, le garde-chasse nous explique qu'il peut difficilement regarder la
télé en raison du brouillage. La génératrice est fautive. Je corrige en posant
des condensateurs filtres; le garde-pêche est aux petits oiseaux. Il s'informe
des résultats de notre pêche. Il nous conseille une mouche et c'est la pêche
miraculeuse. Je téléphone à ma belle-soeur pour avoir de la glace en réserve et
des boîtes de carton, du papier d'aluminium et du papier journal. Les truites se
rendent à Montréal via Québec où j'en donne à mes parents. Gilles était presque
fou de bonheur. Était-il nécessaire de te dire que j'avais dit à Gilles
d'apporter son attirail !
Autre aventure avec Gilles, si ma mémoire est bonne. Un appel du patron à
1h.30 du matin. Nous devons nous rendre à un poste de la DEW Line, les Russes
bloquent les écrans de radar et nous devons déterminer la source. Arrivés sur
les lieux nous devons communiquer avec le Commandant car la sentinelle n'a pas
été avertie de notre arrivée. En effet les écrans radar subissent une avalanche
de neige. La source du brouillage est vite localisée. Il s'agit d'un arc causé
par un capteur défectueux d'une génératrice, situation plutôt embarrassante pour
les gens en poste.
Une autre aventure concernait D.. R..., dont les connaissances en télévision
étaient limitées. Il avait effectué plusieurs visites chez une jeune veuve qui
se plaignait de brouillage à son téléviseur. Ne pouvant déterminer s'il y avait brouillage ou non il m'a convaincu de
l'accompagner. J'ai vite déterminé que les contacts du tuner du téléviseur
étaient fautifs. La veuve qui me semblait quelque peu anormale a entraîner D.
dans la chambre à coucher pour lui faire écouter la radio, si je me rappelle
bien.
Mon travail étant terminé j'ai quitté l'appartement du second étage pour
retourner à la voiture laissant D. avec la veuve. Quelque temps plus tard, je
vois mon D. débouler l'escalier à toute vitesse, comme si le diable lui-même
était à ses trousses. Il était survolté, c'est le moins que je puisse dire. De
toute évidence, la veuve éplorée lui avait montré la photo de son défunt en
commençant à verser des larmes sur l'épaule de notre pauvre ami. Je crois qu'il
serait mieux placé pour en parler. Laisse-moi te dire que Honoré n'a pas manqué
sa chance de le taquiner.
Après avoir été initié par
Jacques Bourassa, j'ai fait quelques
inspections d'équipement de navires. Lors d'une inspection en particulier, j'informe le capitaine que la puissance
de l'émetteur n'est que de 50% et de faire venir un technicien. À ma deuxième
visite je rencontre le technicien de RCA qui me dit qu'il ne peut faire mieux et
que l'émetteur ne rencontre toujours pas l'exigence requise même s'il a beaucoup
été amélioré. Je refuse le certificat. L'agent communique avec Ottawa.
Branle-bas, ça ne s'est jamais produit, le boss est bouleversé, j'explique que
d'après le règlement, l'équipement du navire ne rencontre pas les normes
minimales. On me répond que les amis de l'agent à Ottawa voudraient que le
navire soit autorisé à s'engager dans la voie maritime. Il le fera à ses
risques, je ne signe pas le certificat. À quoi servent les règlements si on ne
peut les appliquer!
Voilà pour mes quelques années dans la Région du Québec. De Montréal, j'ai accepté un poste au bureau principal à Ottawa où j'ai
terminé ma carrière.


VIOLETTE, Alban Passed away March 8, 2017 at the age of 93.
Beloved husband of Françoise. Dear father to André, cherished grandfather to
Erica, Anusca and Francisca. Proud great- grandfather of Maria Leonor and
Francisco. The Memorial Service will be held on Friday, March 17 at the Lupton
Hall of the Perley & Rideau Veterans Health Centre, 1750 Russell Road, Ottawa at
12 noon. Interment will be held at the National Military Cemetery of the
Canadian Forces. In Memoriam donations may be made to the Perley & Rideau
Foundation.